« Traces indélébiles » : une œuvre mémorielle au cœur de Sainte-Rose
La Ville de Sainte-Rose accueille l’œuvre monumentale « Traces indélébiles », une création de l’artiste Jacky Poulier, pensée comme un hommage aux ancêtres africains déportés et réduits en esclavage pendant plusieurs siècles.
Cette œuvre s’inscrit dans une démarche de mémoire, de transmission et de reconnaissance de l’histoire commune qui lie l’Afrique, les Amériques et les Antilles. Elle rend hommage, en particulier, à l’ancêtre direct de l’artiste, Alexis Equelman, et à toutes celles et ceux qui ont vécu l’arrachement à leur terre d’origine.
Une œuvre conçue comme un récit en trois parties
Réalisée à partir de chaînes et de maillons de chaînes soudés, matériau hautement symbolique, l’œuvre se compose de trois parties distinctes, chacune portant une dimension forte de cette histoire douloureuse.
L’Homme : l’arrachement et la résistance
La première partie représente un homme installé dans un canot suggéré, s’agrippant de toutes ses forces à sa terre. Son corps, tendu et écartelé, exprime l’angoisse, la peur et la résistance face à l’arrachement. Une chaîne enroulée autour de son cou et de son bras symbolise la contrainte inéluctable qui l’emporte.
Dans sa main droite, l’homme serre des morceaux de chaînes brisées, symboles de ce qu’il emporte avec lui : une part de sa culture, de son histoire et de sa spiritualité, qui constitueront plus tard un héritage fondamental pour ses descendants.
L’Afrique : une terre blessée mais debout
La seconde partie représente le continent africain, marqué par une profonde blessure dans sa partie subsaharienne ouest (Sénégal, Guinée, Ghana, Togo, Bénin, Cameroun…). Cette balafre symbolise les millions de vies arrachées au continent.
Malgré cette blessure, l’Afrique est représentée debout, verticale, résistante et résiliente, affirmant la force et la dignité d’un peuple face à l’histoire.
La Mer : mémoire et passage
La troisième partie évoque la mer, élément central de cette histoire. Des ondulations graphiques rappellent les vagues, tandis que des taches rougeâtres apparaissent dans certaines d’entre elles. À mesure que le visiteur s’approche, ces marques deviennent lisibles et forment les mots : « Traces indélébiles ».
La mer symbolise à la fois le passage, la douleur et la mémoire collective, rappelant le rôle central de l’océan dans l’histoire des peuples de la Caraïbe.
Une œuvre pour ne pas oublier
À travers « Traces indélébiles », l’artiste rappelle que cette histoire ne doit jamais être oubliée. L’œuvre invite à la réflexion, au recueillement et à la transmission, en inscrivant durablement dans l’espace public une mémoire essentielle à la compréhension de notre identité collective.
En accueillant cette création, la Ville de Sainte-Rose réaffirme son engagement en faveur du devoir de mémoire, de la valorisation culturelle et de la transmission de l’histoire aux générations présentes et futures.

