Avant de porter son nom actuel, la ville de Sainte-Rose a traversé les époques au rythme de changements de noms prestigieux. De la géographie locale aux grands tumultes de la Révolution française, la « Place Tricolore » nous raconte comment l’Histoire a façonné l’identité de la commune.
Des premières appellations à la consécration de Sainte-Rose
Aux origines, la commune tirait son nom de son joyau naturel : « Grand-Cul-de-Sac-Marin », en référence à ce lagon d’exception mondialement reconnu pour sa biodiversité.
Par la suite, la foi prenant une place prépondérante, elle fut rebaptisée « Saint-Pierre », en hommage au tout premier Pape de l’Église Catholique, également Saint Patron des marins-pêcheurs, des maçons et des serruriers. Ce n’est finalement qu’en 1790 qu’elle adopte le nom de « Sainte-Rose », honorant ainsi la Sainte Patronne du Pérou (originaire de Lima).
Le tournant de 1794 : reconquête et abolition de l’esclavage
L’Histoire locale s’accélère brusquement le 11 avril 1793, date à laquelle la ville tombe aux mains des Anglais. L’administrateur colonial Jean Baptiste Victor Hugues est alors mandaté pour une mission cruciale : reconquérir la Guadeloupe.
Après avoir chassé les troupes anglaises — une victoire militaire symbolisée depuis par la Place de la Victoire à Pointe-à-Pitre —, il applique un texte majeur : le décret historique du 4 février 1794, signant la toute première abolition de l’esclavage.
Vingt ans sous le nom républicain de "Tricolore"
Pour célébrer cette reconquête, il attribue à la commune un patronyme révolutionnaire très en vogue à l’époque : la ville est officiellement rebaptisée « TRICOLORE ».
Elle portera le nom du drapeau français pendant 20 ans, de 1794 à 1814. Il faudra attendre la fin du Premier Empire et la période de la Restauration pour qu’elle reprenne définitivement son nom de Sainte-Rose.
Aujourd’hui, la Place Tricolore rappelle fièrement aux passants ce chapitre fascinant de notre histoire locale.

